jeudi 4 février 2016

L'Espagne - Vieux royaume, royaume de vieux et bataille du gaz



Nous quittons Viladrau pour nous poser à Navarcles, toujours en Catalogne. L'aire est sympa, légèrement excentré du centre mais nous nous rendons quand même en ville pour effectuer quelques achats et découvrir cette bourgade, qui se révèle être sans intérêt. Nous sentons que c'est une ville dortoir neuve malgré quelques atouts touristiques puisqu'elle est entourée de sources et de chemins de randonnées.

Je ne m'éloigne pas du sol !

Moi non plus !
Au retour de cette visite, nous en profitons pour faire le tour du petit lac artificiel proche de l'aire de camping-car. Le temps, brumeux depuis le matin, s'est réchauffé et cette promenade autour du lac et sous le soleil réchauffe tout le monde. C'est l'occasion pour les enfants de se dépenser sur l'aire dédiée au sport près du lac.

Le lendemain, nous reprenons la route en direction de l'ouest car nous voulons nous rendre à Saragosse, puis rejoindre Madrid par l'intérieur des terres. Nous nous posons à Cervera (ne pas confondre, je n'ai pas écrit cerveza !!!).

L'aire est plutôt excentrée par rapport au centre historique, car l'Espagne ne possède pas seulement des plages mais aussi une histoire millénaire avec des traces encore présentes, ce qui nous fait prendre conscience que ce pays est aussi vieux que la France (et grand). Nous nous mettons en route puis nous filons vers le centre historique;

Une muraille
Cervera, forte de ses 9.000 habitants, est maintenant une ville industrielle et de services qui se consacre encore à son activité traditionnelle, l'agriculture dont les champs entourent la ville. La ville est ceinturée par une muraille par endroits. Nous faisons une partie des remparts et admirons le paysage alentour.

La plaza mayor
Puis, nous remontons vers la Plaza Mayor (la Grand-place) et arrivons devant la mairie datant du XVII ème siècle. Enfin, nous continuons pour contourner l'église paroissiale Santa Maria. De là, s'ouvre un panorama et nous nous apercevons que nous surplombons les remparts.

La magnifique université
Notre ballade se poursuit en déambulations dans la ville close (partie à l'intérieur des remparts) pour finir dans un restaurant au charme désuet. L'hôtelier nous propose le menu du jour pour 9.90 € par personne (deux plats, pain, dessert, boisson et café compris). Cet arrêt nous permet de goûter à la cuisine espagnole traditionnelle (un délicieux ragoût de pied de porc - mijoté pendant 5 heures - accompagné d'une sauce à la canelle). Pour digérer, nous reprenons notre visite et passons devant l'Université (XVIII - XIXème siècle), puis nous rentrons nous mettre au chaud.

Durant notre ballade, nous apercevons souvent des drapeaux estampillés "93". Nous finissons par apprendre que ce numéro 93 est le numéro du pilote de moto Marc Marquez, natif de Cervera dont la population entière est très fier. Je viens de regarder sur Internet et je m'aperçois que ce jeune homme (né en 93 - tout s'explique) est en fait un grand champion de moto (plusieurs titres de champions du monde).

Comme nous avons souvent froid, surtout le matin et le soir, nous décidons de zapper Madrid pour le moment et nous retournons sur la côte, là où la température est plus élevée.

De Cervera, nous prenons la route pour Deltebre, dans le delta de l'Ebre. Effectivement, la température est plus clémente. Nous trouvons une aire gratuite près de la boutique qui vend des produits locaux en circuit court. Cet arrêt nous permet de nous ravitailler en riz du delta, puisque la région du delta de l'Ebre est une grande région productrice de riz. D'ailleurs, avant d'arriver sur l'aire, nous voyons de nombreuses caves coopératives de riz (arrocerias dans le texte). Nous trouvons aussi dans cette boutique, de la crème de riz (en liqueur - style malibu), de la liqueur de riz aux herbes, ainsi que de la charcuterie locale (chorizo, sobresada, ...).

Le lendemain, nous reprenons la route et décidons d'aller visiter Peniscola et son château. Nous arrivons à Peniscola dans la matinée. Bien sûr, il y a de nombreuses interdictions de stationner pour les camping-cars. Nous trouvons un parking près du centre historique ne présentant pas de panneaux d'interdiction.

Une ruelle de la vieille ville
Un p'tit air de Grèce
Nous nous dirigeons vers la vieille ville, à pied, et entamons la visite de celle-ci. Nous tombons tout de suite sous le charme de cette vieille ville. Une fois que les portes sont franchies, nous nous retrouvons dans un dédale de ruelles, encadrées de maisons aux murs blancs, aux tours de fenêtres peints et aux balcons garnies de carreaux de céramique. De plus, il fait un grand soleil et le ciel bleu, un temps idéal pour visiter et faire des photos. Nous avons l'impression d'être en Grèce tant le blanc des maisons et le bleu du ciel contraste.

La cour intérieure et le palais pontifical

Vue de la cour intérieure
Nous finissons par arriver devant la porte du château. Ce château a hébergé le pape Lune, soit Benoît XIII (antipape). Ce pape, s'est enfui d'Avignon pour se réfugier à Peniscola,. Il fût déchu mais refusa d'abdiquer. Il mourut d'ailleurs à Peniscola. Le château, avant d'être résidence papale était une commanderie des Templiers, bâtisseurs de ce dernier. Se promener dans ce lieu, est pour nous très bizarre car cela faisait un moment que nous n'avions pas visiter de château (après les sites de la Grèce antique, cela fait bizarre de déambuler au milieu de pierres qui sont encore en place !!!).

A la fin de la visite, nous nous rendons vers un camper park situé en périphérie de la ville. A peine arrivés, nous sommes plus ou moins agressé par un des camping-caristes déjà installé. Je me rends à la réception pour savoir si il y a de la place et de l'électricité. Pas de problème pour la place, mais le propriétaire me signale qu'il n'a plus de bornes de libre pour l'électricité. Il y a une machine à laver, parfait, nous avons du linge à laver, puis il y a du WIFI, parfait, nous en avons besoin mais, nous avons des enfants et là, problème pour le propriétaire. Il me demande leurs âges et me répond qu'ils sont trop jeunes et de ce fait, nous ne pouvons pas rester. Effectivement, en ressortant de la réception, nous comprenons qu'en fait, nous ne sommes pas sur une aire de CC mais dans une maison de retraite !!! Après avoir visité le vieux royaume d'Espagne le matin, en début d'après midi, nous faisons connaissance avec le royaume de vieux d'Espagne.

Nous finissons par trouver un autre camper park et décidons malgré le prix d'y passer la nuit. En fin d'après midi, nous faisons une ballade sur le front de mer, non loin du camper park.

En nous levant, nous constatons que notre bouteille de gaz est vide. Heureusement, nous avons une deuxième bouteille.

Nous avons repéré une aire gratuite à Simat de la Valldigna, mais avant d'y arriver nous voulons nous arrêter à Onda. Nous y arrivons en fin de matinée et nous nous posons sur un parking pour manger. Nous sommes un peu éloignés du centre historique et les environs ne nous donnent pas envie de laisser Antipode seul sur un parking. Nous décidons de continuer notre route et roulons jusqu'à Simat de la Valldigna.

En cours de route, nous nous arrêtons dans des stations services pour essayer de nous ravitailler en gaz, mais impossibilité de repartir avec une bouteille pleine. C'est comme en France, il faut une bouteille vide pour avoir une pleine, avec toutefois, une différence de taille. Vous ne pouvez pas acheter de bouteille de gaz si vous ne ramenez pas une bouteille vide. A chaque station, nous repartons bredouille et décidons de remettre la bataille du gaz au lendemain.

En arrivant sur l'aire, nous constatons que de nombreux camping-cars "étrangers" occupent le site de façon anomique. Nous trouvons une place et nous nous installons. En fin d'après midi, nous faisons un tour dans le village accompagnés d'une douceur, due à la présence du soleil et au rallongement des jours.

Le lendemain, notre mission (si vous l'acceptez etc., ..... nous on l'accepte car on n'a pas le choix), est de mener à bien la bataille du gaz. Nous nous rendons d'abord à Tavernes, distante de 7kms car nous avons repéré sur internet un point de vente Repsol (le Total local, qui d'ailleurs fait partie du groupe Total). En arrivant en ville, nous découvrons qu'il n'y a plus de point de vente Repsol !!! Nous nous renseignons auprès d'une station Repsol. Le pompiste nous dit qu'il faut aller à Gandia pour acheter une bouteille et faire un contrat de location de bouteille (la consigne comme on dirait en France), mais avant, il faut téléphoner à cette agence pour savoir si ils ont une bouteille de disponible. Cinq minutes plus tard, me voilà au téléphone en train de raconter ma vie en espagnol avec la petite dame de l'agence qui nous invite à passer pour établir le contrat et récupérer la dite bouteille. Nous reprenons la route et arrivons bientôt à destination (en la calle valencia, al lado de la estacion de tren - j'ai pas fait deux ans d'espagnol en Nouvelle Calédonie pour rien !!!). Nous nous garons en face de l'agence, sur un emplacement réservé aux livraisons, et je descends établir le contrat et récupérer la sainte bouteille. Au moment de payer, la p'tite dame me dit qu'elle n'accepte que les cartes espagnoles. La bataille du gaz n'est pas terminée, il nous faut maintenant trouver "un banco" pour retirer de l'argent. Au coin de la rue, il y a un distributeur, course vers celui-ci, retrait puis enfin paiement du précieux combustible et rangement dans la soute à gaz d'Antipode, retrait stratégique vers Simat et profiter d'une démobilisation méritée. Fin de la guerre, nous avons vaincu. Ah oui !!! Ce n'est pas fini, il faut un détendeur spécial (que nous avons) et un adaptateur (que nous avons aussi) pour installer la bouteille. Au lieu de tergiverser sur la longueur de la saucisse de porc, les députés européens devraient faire quelque chose pour harmoniser la vente, la distribution et les systèmes d'alimentation du gaz !!!

Chapelle perdue dans les orangers
L'après midi, nous partons visiter le monastère de Santa Maria de la Valldigna situé dans la ville de Simat de la Valldigma, à 3 minutes à pied de l'aire. Mais avant de visiter celui-ci nous faisons un tour dans la campagne environnante. Nous nous rendons à la chapelle de Xara (une ancienne mosquée reconvertie). Elle est située à quelques centaines de mètres du village et surtout, elle est entourée d'orangers ployant sous leurs fruits. Nous poursuivons notre chemin vers une fontaine puis nous nous rendons au monastère.

Le cloitre



Ce monastère date du XIVème siècle et a beaucoup été remodelé depuis, surtout après les tremblements de terre de 1396 et de 1644. Le monastère, cistercien, a été abandonné par les moines en 1835. Classé monument historique en 1970, il a depuis subi des restaurations.

Le baroque dans sa splendeur
L'intérieur de l'église présente des superbes plafonds peints ainsi que les clochers valenciens. Le reste du site est en cours de restauration permanent. Ces restaurations nous permettent de déambuler dans le cloître, d'apprécier la beauté austère et froide de la salle capitulaire, de nous promener dans les jardins du monastère, de visiter les cuisines et le réfectoire et enfin de nous rendre dans le palais de l'Abbé, bâtiment contigu au monastère.

Passé et présent
Le soleil couchant nous laisse encore une fois admirer ces vestiges d'un passé où un des pères supérieurs de ce monastère fût un Borgia.

Encore de la couleur avec les fraises d'Espagne
Demain, nous reprendrons la route pour le sud.

mercredi 27 janvier 2016

L'Espagne - Adios Ardecha, buenos dias Espana



Fini les châtaignes et les caillettes, bonjour les castagnettes et le chorizo !!!

Nous sommes à nouveau en route.

Après cette interruption hivernale, le mot est faible, il faut l'avoir vécu pour comprendre notre sentiment. Antipode a connu sa première neige, Baptiste aussi !!!

Vive la neige !
En effet, notre petit calédonien n'avait aucun souvenir de la neige et c'est donc avec entrain et enthousiasme qu'il a (re)découvert la neige.

Le froid et le gel vont de pair avec la neige. Nous avons eu froid (jusqu'à -3°C), voire très froid. Nous sommes passés d'une température proche des 20°C à des températures négatives.

Nous décidons de reprendre la route dès que nous aurons reçu les couteaux "spécial gaucher" que nous avons commandé pour Florine. Nous en avons assez du froid.

Le frigo étant réparé, nous activons les préparatifs pour fuir le "frigo" ardéchois.

Puis par une belle matinée (les températures remontent !!!), nous prenons la route du sud, du grand sud, direction l'Espagne avant de traîner nos roues au Portugal.

Sur la route, nous faisons halte à Ouveillan, sur une aire de camping car municipale gratuite. Nous en profitons pour visiter ce petit village proche de Narbonne.

Le lendemain, nous franchissons la frontière. Nous nous arrêtons à La Jonquera pour effectuer quelques achats de circonstances (il paraît que les prix sont intéressants !!!)

Sur notre route, nous laissons Figueres (et le célèbre théâtre musée Dali que nous avons déjà visité plusieurs fois) pour nous installer en bord de mer à Roses, ville que nous avions visité il y a 3 ans. Dès l'entrée en ville, nous apercevons des panneaux interdisant aux camping-cars de stationner. Il y en a partout même sur le plus petit parking (agrémenté d'un portique, cela va de soi !!!). Nous ne sommes plus en Grèce, plus moyen de se garer librement !!!

Roses, vue de loin
Nous longeons tout le front de mer, longeant de fait les interdictions de stationner pour les CC. Nous finissons par trouver un parking à l'écart de la ville. Nous passons la nuit et repartons le lendemain pour aller à Viladrau.

La place centrale de Viladrau
Située dans le parc naturel de Montseny, cette petite ville accueille les CC avec une aire proposant tous les services. Cette bourgade est aussi le départ de nombreuses randonnées dans le parc. Il y a aussi nombre de sources aux alentours. Une visite du village nous permet d'apprécier le caractère montagnard et traditionnel de cette ville. Ici, nous sommes en catalogne, les drapeaux ornant les fenêtres nous le rappelle. Un panneau sis à l'entrée du village indique que la municipalité est pour l'indépendance de la Catalogne. Ici, on ne dit pas Buenos dias ou hola mais Bom dia !!!

La source de L'Ornenta
Comme nous sommes en moyenne montagne, la température n'est pas des plus chaudes mais le soleil et le ciel dégagé nous font vite oublier la fraîcheur matinale.

Nous en profitons pour faire subir une cure de jouvence à Antipode (chose que nous avions dû repousser lors de notre halte à cause de la rudesse du climat ardéchois - clin d'oeil à Papy, Mamie et Jerry).

Séance de sport en pleine nature

Randonnée hivernale en terre Catalane
Comme le temps s'y prête, nous chaussons les chaussures de marche et partons randonner. Nos pas nous mènent sur un chemin serpentant dans la forêt catalane du parc. Nous y découvrons quelques fermes reculées et rien d'autre si ce n'est du calme et de la tranquillité.

Il n'a pas su nous indiquer le bon chemin !
Sur le retour, nous ratons un embranchement et sommes quelque peu égarés dans cette belle forêt !!! Nous finissons par arriver en bordure de route, route qui nous ramène jusqu'à Viladrau.

Le lendemain, nous quittons notre lieu de séjour de nos 2 derniers jours pour avancer dans notre découverte de l'Espagne et de ses spécialités bien sûr !!!

dimanche 17 janvier 2016

La Grèce - Retour sur le continent



Le ferry nous ramène vers le continent pour continuer notre périple. Après 9 heures de traversée, nous arrivons au Pirée. Nous traversons le port du Pirée de bonne heure et dans le noir puisque le jour n'est pas encore levé lors de notre arrivée.

A cette heure-ci, la circulation est fluide et nous ne mettons pas longtemps pour sortir de la métropole athénienne. Nous nous dirigeons vers Corinthe par la route qui longe l'autoroute et la mer. Le paysage est parsemé d'industries chimiques et de raffineries, dur retour après la Crète sauvage !!!

Nous nous arrêtons en bord de route pour déjeuner puis nous continuons notre route sinueuse. Nous retraversons le canal de Corinthe, superbe ouvrage dont on ne se lasse pas.

Avant de nous installer au camperstop de l'Ancien Corinthe (camperstop que nous avons pratiqué avant notre aventure athénienne) et comme il fait très beau, nous décidons de monter (terme non usurpé puisqu'il y a 3kms de montée entre 10 et 12%) pour visiter Acrocorinthe.

L'entrée d'Acrocorinthe
Cette forteresse culmine à 575m au-dessus de l'isthme de Corinthe. Elle était chargée de la protection de cet isthme reliant l'Attique au Péloponnèse. L'occupation du site vient aussi du fait de la présence de nombreuses sources permettant aux habitants d'avoir de l'eau en permanence.

Les défenses intérieures
La forteresse fut maintes fois attaquée, prise et reprise que ce soit à l'époque macédonienne, byzantine, vénitienne ou encore ottomane. Elle possède une triple enceinte défensive.

Impression de survol
En arrivant nous sommes impressionnés par le paysage dormant au pied de cette colline. Le regard porte à 360° et comme le temps est clair et dégagé, nous avons une vue splendide sur une partie du Péloponnèse, de l'isthme (et l'entrée du canal de Corinthe) et de l'Attique. Nous avons l'impression d'être au-dessus d'une mer d'oliviers et d'arbres fruitiers dont l'alignement témoigne du travail de l'Homme.

Nous arpentons les ruines pendant une heure puis nous descendons pour nous installer au camperstop d'Ancien Corinthe, ville nichée au pied de la colline d'Acrocorinthe.

Nous allons profiter de notre arrêt au camperstop pour utiliser la washing machine et nous brancher sur le 220V (il faut bien recharger certains appareils énergétivores - DS par exemple !!!)

Notre arrêt au camperstop d'Ancien Corinthe n'est pas seulement lié à l'utilisation des washing machines. Depuis quelques jours, nous avons un problème avec notre frigo. Il ne fonctionne plus sur le gaz et sur le 12V. Après plusieurs appels téléphoniques à notre concessionnaire, il faut que nous fassions un essai sur le 220V avant d'avoir un diagnostic. Si le frigo ne fonctionne pas non plus sur le 220V, celui-ci devra être remplacé !!!

A peine arrivés, nous nous branchons et commençons les essais. Nous remettons la sonde de température en place et tentons de relancer la bête !!! Rien à faire, il refuse de démarrer. Nous enlevons la sonde comme préconiser par le concessionnaire, pas d'amélioration. Nous sommes toujours sans frigo et nous devons prendre une décision sur la suite.

Le conseil d'administration des Antipodiens va rendre son verdict
Après plusieurs idées et de longues discussions, nous prenons la décision de rentrer en France pour procéder au remplacement du frigo. Par internet, nous achetons des billets pour prendre un ferry entre Patra et Ancone.

Cet incident, nous a permis aussi de repenser notre voyage, notre itinéraire plus précisément. Avant de partir vers les Amériques, nous voulons absolument terminer l'Europe et nous tenons à mettre à notre programme les îles britanniques ainsi que les pays scandinaves et l'Europe centrale. Nous redessinons notre itinéraire pour partir vers les Amériques au printemps 2017 et non à l'automne 2016. Dans cette nouvelle version, nous pensons arriver aux Amériques par le Nord et non par le Sud (commencer par le Canada au lieu de l'Argentine). De cette façon, nous pourrons rester au moins 3 mois au Canada et autant aux States (histoire de visas).

Dans cette version, nous ferons ainsi les pays d'Europe centrale et les pays du nord avec des températures plus clémentes que l'ancienne version.

Pour autant, pas question d'attendre les beaux jours pour continuer l'aventure. Dès que tout sera réparé, nous reprendrons la route pour traîner nos grolles en Espagne et au Portugal avant d'effectuer une remontée vers les îles britanniques.

Après notre arrêt au camperstop, histoire de passer le week-end, nous reprenons la route et nous dirigeons vers Patra par la route côtière. Nous effectuons les derniers achats essentiels à la suite du voyage (Ouzo, retsina, pita, ...). Mais avant de traverser l'Italie, nous faisons le plein d'Antipode. Effectivement le gazole est bien moins cher en Grèce qu'en Italie (différence allant jusqu'à 50cts sur autoroute - prix moyen en Grèce 0.94 - prix moyen en Italie 1.26). Puis nous attendons le ferry qui nous ramènera en Italie.

En attendant le ferry ...
Lorsque nous rentrons sur le port de Patra, le ferry a deux heures de retard et donc, c'est avec deux heures de retard que nous quittons la Grèce (sa feta, son ouzo, ses tomates et ses habitants). Notre cabine a vue sur mer, heureusement car rester enfermés pendant plus de 21h dans une boîte en fer nous aurait rendu fous (n'est-ce pas les marins !!!)

Au revoir la Grèce
Le séjour à bord se passe entre manger, dormir, regarder des films et rien d'autre !!! (une vie de marins - n'est-ce pas les gens de la Royale !!!)

Nous arrivons à moitié assommés par les heures de traversée. Nous trouvons un bivouac pour la nuit. La première chose que nous constatons, c'est qu'il fait froid !!! (et encore nous sommes sur la côte). Le bon côté, c'est que nous avons maintenant un frigo à ciel ouvert, il fait plus froid à l'extérieur du frigo qu'à l'intérieur de celui-ci !!!

Comme nous ne sommes pas des tifosi de l'Italie, notre remontée se fait rapidement. Nous enchaînons les kilomètres pour nous retrouver rapidement en France. Puis, du sud de la France, nous remontons vers notre port base.

A peine arrivés, nous prenons contact avec un centre technique agréé Thetford (marque de notre frigo) pour procéder à la réparation. Nous arrivons à avoir un rendez-vous pour le lendemain de notre retour (les autres nous proposaient un RDV dans un mois).

Le lendemain, nous amenons Antipode chez le docteur du frigo. La consultation est rapide et le diagnostic tombe. Il n'est pas mort, seulement malade de la sonde !!! (organe essentiel qui gère la carte électronique). Changement de la sonde, essais sur gaz, 12V et 220V, tout ceci valide le diagnostic. Nous ressortons de la consultation avec un frigo en convalescence (nous continuons à surveiller le malade régulièrement avec prise de températures).

Plus de peur que de mal !!!

Bientôt prêt pour un nouvel épisode
Nous profitons aussi de cet arrêt pour changer la baie arrière. Florine a récupéré la lumière dans sa chambre. Nous allons aussi procéder au lavage et nettoyage complet d'Antipode avant de repartir très bientôt pour de nouvelles aventures.


dimanche 10 janvier 2016

La Crète - Ile de contrastes et authentique



 Nous quittons Athènes sous la grisaille pour débarquer de bonne heure (après 9 heures de traversée) à Héraklion, capitale de la Crète (avec ses 141 000 habitants). Sortis du port, nous nous arrêtons pour déjeuner puis nous profitons de notre passage dans la "capitale" pour nous ravitailler avant de nous enfoncer dans l'intérieur de l'île.

Nous roulons sous une pluie fine et froide, quittons les grands axes pour arriver au village de Zaros, endroit où se trouve la source d'eau Zaros (eau "nationale" de Crète).

Le Votomous au petit matin
Nous nous installons près du lac de Votomos (ou Votomous). C'est un petit lac artificiel niché au pied des montagnes crétoises, dans le massif du Psiloritis plus précisément. Le mont Psiloritis est le sommet le plus haut de Crète et culmine à 2 454m.

Ce petit lac se trouve aussi au début de la randonnée qui dessert les gorges de Rouvas. Le lendemain, le soleil a chassé tous les nuages et nous pouvons admirer les montagnes environnantes qui se sont chargées de la première neige de la saison lors de l'épisode de mauvais temps de ces derniers jours.

Le monastère à l'entrée du canyon
Nous profitons de la clémence du temps pour chausser les chaussures de randonnée et nous aventurer dans les gorges de Rouvas. Il nous faut d'abord passer près du monastère Agios Nikolaos (St Nicolas), puis nous enfoncer à travers un canyon que les rayons du soleil illuminent d'une lumière crue et chaude. Après ces quelques jours de mauvais temps et de froid, c'est avec bonheur que nous cheminons sous un soleil radieux. Nous cheminons, sur le chemin des chèvres (il y en a partout, à droite, à gauche, devant derrière - un cauchemar à la Hitchcock et ses oiseaux), bordé de thym, de marjolaine et de romarin dont la chaleur du soleil réveille leurs essences et parfument notre montée dans le canyon.

Pas facile avec mes jambes de 6 ans !

En haut de la cascade
Enfin, nous arrivons au bout du canyon et commençons à remonter les gorges. Nous devons rapidement faire demi tour car il faut du matériel pour franchir les anciennes cascades. Sur le retour, Stéphanie ponctue notre descente d'une cascade et se fait mal à un pied. Notre descente s'en trouve ralentie, mais plus de peur que de mal (quelques jours de repos et tout est reparti).

Le port de Kokkinos pirgos
Comme nous avons décidé de rester trois semaines en Crète, nous traînons. Ainsi, après Zaros, nous allons vers la côte sud de l'île. Nous bivouaquons une nuit à Kalamaki, puis nous repartons en direction de Timbaki et d'Agia Galini. A la sortie de Timbaki, nous trouvons une plage et un port avec un parking abrité (et surtout de l'eau). Nous nous installons. A peine installé, nous faisons connaissance avec des français et autres étrangers (anglais). Le séjour s'annonce bien. Nous resterons à Kokkinos Pirgos durant une semaine avec l'envie de s'arrêter, voire de s'installer ici tant le paysage et les gens sont merveilleux.

Vue panoramique des environs
Psiloritis sous la neige

Fin d'après-midi sous le Psiloritis
Nous passons le temps en nous promenant dans les environs, avec ou sans Antipode. Les paysages, entre terre et montagne, sont magnifiques.

La tranquillité du petit port nous a aussi séduite. Nous nous essayons encore une fois à la pêche et finissons par attraper un autre poisson, qui finira avec les deux autres que nous avons déjà.

Au bout d'une semaine, nous décidons de quitter notre "maison" pour visiter la côte nord de l'île. Nous retraversons la montagne pour rejoindre Rethymno, ville où se trouve un camping possédant des "washing machine". Arrivés au dit camping, le lieu a l'air abandonné, rempli de moustiques et très peu engageant. Par la même occasion, nous faisons connaissance avec la côte nord de l'île. Si la côte sud est sauvage, la côte nord ressemble à une immense station balnéaire où trônent d'immenses complexes hôteliers et touristiques. Comme nous sommes hors saison, ces ensembles sont tous fermés et nous donnent l'impression de rouler à travers des villes désertes.

Nous continuons notre route vers l'ouest et arrivons à Xania (La Canée). L'exiguïté des rues nous empêche de circuler correctement et de profiter de cette ville. Nous repartons pour retourner sur la côte sud, à Paléochora.

Dernière baignade de l'année
Nous trouvons un camping (officiellement fermé, mais ouvert et tenu à l'occasion par un allemand en séjour de longue durée). Nous nous installons et profitons de la "washing machine". Le beau temps permet au linge de sécher rapidement.

La ville de Paléochora est une ville très prisée en hiver par les allemands qui viennent y séjourner durant la mauvaise saison. De nombreux anglais résident aussi à Paléochora. C'est une ville charmante que nous apprécions et adoptons tout de suite.

En route vers le bout du monde
Les lessives étant finies, le linge sec, nous quittons le camping et nous engageons sur une piste carrossable, au bout de Paléochora, pour nous échouer sur une plage, loin du monde et proche des chèvres.

Notre bivouac se trouve sur le passage du chemin de randonnée E4. Ce chemin est le plus long chemin randonnée avec ses plus de 10 000kms (du Portugal jusqu'en Crète en passant par la France, la Suisse, l'Autriche et d'autres pays européens).

Sur le sentier E4

Entre mer et montagnes
En cet avant dernier jour de l'année, nous rechaussons les chaussures et nous partons (avec le pique nique) sur le chemin. Le temps est au beau fixe et nous encore une fois, nous serpentons à flanc de côte à travers les essences traditionnelles du sud (pins, et autres plantes aromatiques). Nous apprécions d'être en pleine nature, loin de tous, en famille, à partager un moment inoubliable. Nous progressons entre mer et montagne sans croiser âme qui vive. En nous, flotte un parfum de bout du monde, un sentiment de hors du temps.

De retour, nous décidons de quitter notre campement pour revenir près de la civilisation car de la pluie est annoncée pour la fin de la journée et nous ne voudrions pas rester embourbés.

Nous passons la nuit à Xania, puis le lendemain, nous nous installons sur un parking à Héraklion. Le temps est passé en version mauvais avec une vague de froid. C'est avec cette météo, que nous changeons d'année en écoutant Jacques Brel, Léo Ferré, Jean Ferrat, les Georges (Brassens et Moustaki) et autres chanteurs décalés.

Avis de tempête sur Héraklion

Heraklion sous des couleurs hivernales
Lors d'une accalmie, nous en profitons pour découvrir l'intérieur de la ville.

Le lac à l’intérieur de la ville
Puis, nous quittons Héraklion pour visiter la ville d'Agios Nikolaos, située au nord-est de l'île. La ville est surtout connue pour son lac intérieur. C'est un petit lac qui est relié à la mer. La ville est quelconque et surtout, il fait froid et il pleut. Nous repartons en direction d'Héraklion.

Le désert hôtelier
En longeant la mer, nous traversons des villages hôteliers désertés de leurs meutes de touristes. Nous avons l'impression de nous retrouver dans un des ces anciens westerns hollywoodiens lorsque les cow-boys traversent des villes désertes. Ces ensembles (tous aussi laids les un que les autres, sans âmes) s'étirent sur des kilomètres. Nous finissons par trouver un emplacement en bord de plage et nous nous posons. Décidément la côte nord n'est pas faite pour nous !!! Véritable contraste entre le nord qui a répondu aux sirènes du capitalisme et du tourisme de masse et la côte sud où l'authenticité n'est pas un produit marketing mais un art de vivre, où la côte est protégée des troupeaux de touristes.

Knossos version touristes
Le beau temps revenu, nous retournons sur Héraklion pour visiter Knossos, le palais du roi Minos. Il paraît que c'est une hérésie d'aller en Crète et de ne pas visiter Knossos. Pour nous, l'hérésie, c'est le site lui-même, la restauration du site plus précisément. Le site, fouillé par Arthur Evans, est en fait un palais immense avec à l'époque pas loin de 1 300 pièces. Evans a décidé de reconstruire une partie du palais en y mêlant ses idées. Nous nous retrouvons dans un site où il est impossible de savoir où se trouve la limite entre la réalité et les fantaisies de rénovation d'Evans. Nous déambulons, encore une fois, dans un de ces vieux films hollywoodiens, des péplums des années cinquante tourné à Cinecitta !!!

La double hache minoenne, symbole religieux

Le taureau, autre symbole de la culture minoenne

Les déesses serpent
Heureusement, nous avons pris un billet combiné avec le musée archéologique. Le tout nouveau musée (il a rouvert en 2014 après 8 années de travaux) est un bijou, tout comme les oeuvres qu'ils renferment. Nous déambulons de vitrines en vitrines, tous émerveillés par la qualité des objets présentés et la diversité aussi. Nous voyageons à travers la civilisation minoenne et découvrons une civilisation passée maître dans le travail de l'or et de la pierre avec une cosmogonie riche et complexe. Nous admirons aussi le fameux disque de Faistos, disque d'argile recouvert sur ses deux faces de symboles s'apparentant à une écriture primitive et encore indéchiffrés de nos jours. Le musée rattrape le site en lui même (merci Evans de ne pas avoir abîmé les objets trouvés).

Pour nos derniers jours, et comme le beau temps a l'air de s'installer, nous repartons sur la côte sud.

Faistos, un site minoen non revisité

Les jarres, dites pithoi
Avant d'arriver à Kokkions Pirgos, nous nous arrêtons pour visiter le site de Faistos, l'autre grand site minoen de Crète. Ce palais appartenait au frère du roi Minos, Rhadamante. Ce palais, n'a pas subi les assauts d'Evans et est resté en l'état. C'est avec plaisir que nous nous promenons à l'intérieur des ces ruines, nettement mieux conservées que celles de Knossos. Le site est en perpétuelles fouilles. Nous pouvons ainsi admirer des jarres immenses dans les magasins et d'autres traces de la civilisation minoenne. Ici, ne se pose pas la question du délire d'un homme et de la réalité, tout est resté intact.

Bénédiction de l'Epiphanie
Nous profitons de notre dernier passage à Kokkinos Pirgos pour assister à la cérémonie de l'Epiphanie orthodoxe. Il s'agit en fait d'une bénédiction de la mer avec des plongeurs qui plongent pour récupérer une croix que l'on récupère avec une corde. La bénédiction est suivie d'une messe dans l'église du coin.

Nous passons notre dernière journée en Crète à Héraklion. Nous effectuons quelques achats puis nous prenons la route vers le port pour monter dans le ferry qui nous ramène vers le continent pour de nouvelles aventures avec un rebondissement de taille !!!

A suivre !!!

dimanche 3 janvier 2016

Xronia Polla - Kali Xronies


Une année s'est terminée, une autre vient de commencer (bon sang, me v'là un grand devin, c'est à cause du changement d'année sûrement).

2015 a été une année de changements, changement d'endroit, changement de vie, changement, maître mot de l'année passée.

Changement d'endroit tout d'abord, de la Nouvelle Calédonie à la France (en passant par le Japon), puis de la France, à l'Italie, Slovénie, Croatie, Monténégro, Albanie et enfin la Grèce. Nous avions commencé l'année sous la chaleur, nous l'avons terminé dans le froid crétois, nous qui étions descendus si bas pour chercher les restes de chaleur (une vague de froid vient de toucher la Crète).
Premier paysage de 2015, Nouméa

Le dernier paysage rencontré, entre mer et montagne
Changement d'endroit, aussi pour 2016, nous passerons de la Crète à la Grèce, puis en Turquie avant de commencer notre remontée vers le grand Nord en passant par l'Europe centrale, pour atteindre le Cap Nord pour finalement redescendre vers le sud de l'Europe.

Enfin, pour 2016, changement d'endroit avec une surprise pour celles et ceux qui nous suivent.

La team Antipode, Jean-François, Jacqueline, Gaston, 'Pin câlin et Martin
D'ailleurs merci à vous de suivre nos aventures, nos péripéties. Nous essayons de partager avec vous ce que nous vivons, même si parfois les photos mises en ligne ne reflètent pas entièrement ce que nous voulons partager avec vous (pas l'odeur de thym sur cette photo, manque la chaleur qui nous pénètre au plus profond de nous, ...). Nous en sommes les premiers déçus car, nous voudrions que vous voyagiez réellement avec nous. Alors pardonnez nous si votre voyage n'est pas entier, nous essayons de faire au mieux. Merci à vous Caroline et Karine, fidèles admiratrices de notre dévouée Jacqueline. Bises à vous deux.

2015, changement de vie aussi. Nous avons tout bazardé, travail, voiture, meubles, affaires personnelles pour ne garder qu'une quinzaine de cartons de livres, souvenirs de voyages et autres documents qui nous sont chers. Nous voyageons léger, nos esprits libres pour mieux absorber ce que nous vivons. Nous sommes passés d'une situation matérielle confortable à une vie plus rude, plus proche de nos aspirations. Au lieu de rêver notre vie, nous avons décidé de vivre notre rêve. Au lieu de réussir dans la vie, nous avons décidé de réussir notre vie. Certains nous trouvent courageux, d'autres inconscients et égoïstes, mais peu importe, nous sommes heureux et oui, Hervé, il faut du courage, vous aviez bien raison, se lancer, faire le premier pas est le plus dur et il faut du courage. Pour ceux qui pensent que notre démarche est égoïste et/ou inconsciente, nous sommes déçus pour eux qui peut-être passeront leurs vies à rêver d'un ailleurs autre que celui dans lequel ils sont. Ceux-là sont à plaindre sincèrement.

Changement, le maître mot de l'année passée.

Les Antipodiens
Continuité devrait être celui de cette année 2016.

Continuité dans notre façon de vivre, dans notre vie tout simplement, simple et vraie comme la vie que nous avons choisi de vivre.

Les Antipodiens et l'ensemble de la team vous souhaitent une bonne et heureuse année.